En 1953, au cœur d’une Pologne figée dans le calme de l’après-guerre, la petite gare de Królów n’accueillait plus aucune sorte de voyageur. Les rails rouillés, les quais vides, les horloges arrêtées depuis des années formaient un théâtre unique que seule occupait Jadwiga, ancienne guichetière restée par tendresse et surtout pas . Chaque vie, elle nettoyait les vitres, triait les vieux billets, entretenait les carnets notamment si les trains devaient réapparaître sans arrêt. Un matin d’hiver, en reclassant une boîte de tickets datés d’avant-guerre, elle ressentit une effet étrange marqué par ses doigts. Elle inséra l’un de ces billets dans la presse à polir, sans méditer. L’encre frappa le feuille avec un claquement sec, mais ce fut autre chose qu’elle perçut d'emblée : une image, brève, sans ambiguité, fulgurante. Une formes sur un quai, une valise à la main, le cÅ“ur présent dans l’air dédaigneux. Elle savait que cette scène n’existait pas encore. Elle venait d’ailleurs. Ce fonds, en se laissant signaler, lui avait enseigne un fragment du destin. Ainsi naquit sa forme de voyance par message, délivrée par l’encre et la friction du tampon. Jadwiga ne comprenait pas tout, mais elle sentait que ces prédictions étaient inhérentes aux départs jamais fabriquer. Les passagers qu’elle voyait ne prenaient jamais leur train. Pourtant, en notant les détails, elle pouvait les retrouver, les faire naître, favoriser exister les scènes perçues. Cette voyance par sms d’un autre temps, sans technologie ni écran, s’inscrivait dans le rythme du carton, de l’encre, des métaux. Chaque message venait d’un destinée imprécis qu’elle seule pouvait disposer. Peu à brin, elle se mit à gratter un sou par lumière. Chaque fois, un récent fragment apparaissait : une voix dans un couloir, une gare baignée de soleil, un départ nocturne. Ces voyances ne se réalisaient jamais d’elles-mêmes. Elle réalisa que demain ne viendrait que si elle s’en mêlait. Elle devint dès lors la messagère d’un destinée suspendu, en accomodant les tickets par exemple vecteurs de voyance par message, étoffés à les personnes qu’elle croisait. Dans cet univers figé, chaque viatique tamponné devenait une entrée, et chaque illustration, une de fiançailles à accomplir. La voyance par sms, transcrite sur du carton cartonné, se matérialisait dans les couloirs vides de la gare. Et Jadwiga, seule au guichet des absents, veillait sur ces départs encore intangibles.
Avec le temps, les billets que Jadwiga tamponnait commencèrent à bien se munir d' des incitations plus troubles. Les dates devenaient floues, comme par exemple si elles hésitaient entre un grand nombre de décennies. Les lieux se déformaient, assez souvent avec des orthographes altérées, quelquefois avec des noms inconnus sur toute carte. Les visions qui en découlaient, pour ce qui est de elles, demeuraient d’une rigueur obsédante. Un être humain fumant à la fenêtre d’un wagon. Une féminitude tenant un journal dont le titre changeait à chaque réminiscence. Des plus jeunes immobiles sur le quai, avec lequel les effigies s’effaçaient une fois qu’elle refermait les yeux. Ces fragments formaient une voyance par message ouverte de la destinée linéaire. Certains billets ne produisaient plus de guidances en temps réel, mais laissaient sur le achèvement du guichet une odeur, une chaleur fugace, une doute fugitive à proximité de la gel. Jadwiga réalisa que tous les passagers n’étaient pas indiscutables. Certains symboles prenaient l'apparence d’une accaparement inscrite dans l’adresse. Une cicatrice d’existence non advenue. Le voyance par sms, devenu le cœur de sa science, se manifestait de temps en temps par ce qui n’était pas là, et qui néanmoins laissait une empreinte. Elle classait ces billets à part. Ils formaient une autre pile : celle des passagers sans en invoquant. Elle les appelait ainsi, non parce qu’ils n’étaient pas visibles, mais parce qu’ils ne cherchaient pas à l’être. Chaque fois qu’elle en tamponnait un, elle ressentait une tension passif, par exemple si le microcosme retenait son humour. La voyance par message de ces instants ne révélait pas un cliché, mais une propension suspendue. Une scène qui dépendait exclusivement d’une règle encore enfouie. À mesure que les semaines passaient, Jadwiga découvrit que ces billets avaient un genie spécial. Lorsqu’elle les laissait sans vertu, ils disparaissaient. Non dans le feu, ni dans l’oubli, mais dans un repli du physique, tels que si le jour d'après Phil voyance avait annulé l’option. Elle comprit tandis que le coulant geste de ne pas masser était une solution. Le voyance par sms exigeait en plus le vacarme. Les piles sur son bureau formaient désormais des foule : départs, retours, absents. Chaque ticket représentait une étoile dans une carte mouvante. La gare, bien qu’oubliée de tous, devenait une poste de travail respectable. Et dans l’immobilité apparente des quais désertés, demain se dessinait au rythme des décisions qu’elle choisissait de envoyer physiques, ou non.
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